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Le Roi Nu

d'après H. C. Andersen

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Résumé

Autrefois, dans une ville accueillante, on raconte qu'un Roi passait tout son temps et son argent à se parer de beaux habits neufs. Pour duper le Roi, deux fripons sans le sou se saisissent de l'opportunité et se font passer pour les plus talentueux tisserands du monde. Ils inventent un ingénieux stratagème pour remplir leur sac de soie fine et d'or magnifique. Une friponnerie poétique qui questionne l'image de soi et le regard des autres ... 

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Intentions

Olivier et moi adorons cette histoire. En particulier son humour satirique et sa dimension immorale. Elle illustre avec justesse l’expression : « La vérité sort de la bouche des enfants ». À la fin, tandis que la foule applaudit le précieux costume du roi, alors qu’il est nu, un enfant innocent dénonce l’imposture malgré lui : « il me semble qu’il n’a pas du tout d’habit ! » L’innocence et la naïveté ne s’apprennent pas, contrairement au mensonge. Ce conte théâtral s’adresse au jeune spectateur à qui nous évoquons avec bienveillance la valeur de son regard sur le monde qui l’entoure. Et nous lui souhaitons de ne pas la gaspiller en se préoccupant de ce que les autres penseront. 
On apprend peu par la victoire, mais beaucoup par la défaite. 
Alors que ce proverbe japonais semble plein d’une sagesse étrangère à notre culture, elle trouve un écho à la morale de cette histoire faisant ici l’éloge de la honte. Les deux filous ont réussi leur coup ; ils ont rempli leurs poches « de soie fine et d’or magnifique » sans rien produire, ils ont dupé toute la ville, le Roi et sa Cour. La ruse les a sortis de la pauvreté, mais ils sont contraints de fuir pour échapper aux conséquences de leur fourberie. Car maintenant ils ont peur de tout perdre. La vanité du Roi a causé sa ruine, mais il semble qu’il s’en sort plus digne en paradant nu que lorsqu’il portait sa riche garde-robe pour camoufler son manque de confiance en lui. Grâce aux deux escrocs, le Roi a exorcisé sa peur du regard des autres, car en fin de compte, il ne pouvait rien lui arriver de pire ! 

Nous n’avons pas pu nous empêcher de remarquer des similitudes entre nous et les personnages du conte et c’est sûrement pour cela que nous avons eu envie de les interprétés tous. Dans le fond, les deux filous nous ressemblent, bien que nous ne partagions pas leur mauvaise intention. Ce qui nous a touché c’est l’ardeur avec laquelle ils nous font croire en quelque chose de merveilleux et de magique qui n’existe pas, et l’application dans la beauté du geste précis pour offrir un spectacle gracieux. Cette turbine invisible nous a renvoyé à nos propres peurs qui sont en réalité communes dans notre société. 


​ Ce texte nous permet de questionner l’éternelle soif d’ascension sociale, de richesse et de pouvoir au sein de la société occidentale et sur le rôle de la peur dans le commandement de nos choix ou nos actes.

Mise en scène

Deux fripons nous content leur dernier « coup » à l’aide d’un castelet rudimentaire et d’une paire de parapluie extravagant. Une toile tendue sur un cadre en bois sera le décor, à la fois pauvre, fragile et désuet, de cette arnaque royale et s’inspire de la structure du métier à tisser. « L’œuvre » des faux tisserands cachée sous un drap blanc est en réalité vide et se découvre au fil du conte pour montrer… qu’il n’y a « rien ». 


Tandis qu’un des deux filou joue le Roi usurpé, l’autre défile masqué en nobles conseillers : un vieux ministre et un honnête fonctionnaire joue à volte-face. Les bavardages mondains sont représentés en ombre par une ribambelle de personnages en papier; commandé par une bouche en origami impeccablement plier , aux lèvres rouges star ! Ces portraits, à peine caricaturés, installent la complicité avec le public, qui lui aussi à son mot à dire. La royale victime, dessapée, se révèle aussi nue, rétrécie et fragile qu’une poupée de chiffon. 


Dotés de leur splendides parapluies les deux fripons détournent habilement l’objet usuel en camouflage ou pour suggérer les rouages d’un métier à tisser. Les chants médiévaux d’un chœur nordique les accompagnent dans leur chorégraphies et leur donnent du cœur à l’ouvrage à chaque étape du conte.

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Les infos pratiques

Conte théâtral 
théâtre - objet- mouvement
Jeune public (+6 ans)
30 min
Avec Lydie & Olivier Clerc 
Regards extérieur: 
Sylvie FerrandisAntonin Liège
L
umières : Antonin Liège
Jeux chorégraphiques : Markus Schmid
Costumière : Mariana Sycheva Burel
Masques/Marionnettes/objets : Lydie Clerc
Chants traditionnels norvégiens :  Voix Boréales

Musique extraite du spectacle:

Les fripons Voix Boréales
00:00 / 01:54

Co-production avec la compagnie Théâtre Bord de Saône.

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